Bilan du colloque : « Être Senior et Acteur de sa Vie! »

27 jan 2012

 

Colloque, les Seniors à l’Honneur :

Être Senior et Acteur de sa Vie !

Les adhérents peuvent également écouter les deux premières interventions qui ont fait l’unanimité sur la qualité du propos, mises en ligne sur le site et accessibles dans votre espace adhérent avec votre mot de passe.

Interventions colloque audio

 

L’année 2011 s’est achevée en beauté pour l’ONS avec la mise en place d’un cycle « la Sophrologie à travers les Âges » qui a débuté en novembre avec le colloque mettant à l’honneur les Seniors : « Être Senior et Acteur de sa Vie – comment accompagner cette dynamique ? »

 

Ce colloque fut une belle réussite avec des intervenants dynamiques et passionnés. Nous avons pu mettre en évidence les démarches positives réalisées auprès des différents organismes travaillant avec les Seniors, dans lesquelles la Sophrologie a son rôle à jouer.

Docteur Pierre Guillet – (Médecin Membre de la Haute Autorité de Santé)

A débuté sa présentation, un large sourire aux lèvres, en prononçant cette phrase : «  J’ai 80 ans ! Je n’ai jamais été aussi vieux de ma vie, mais je ne serai jamais aussi jeune ! » puis de continuer : « c’est la vie qui est intéressante : donnez de la vie à vos jours plutôt que des jours à votre vie ! »

Il nous a présenté son action dans l’association de gérontologie où l’accent est mis sur l’apprentissage à vivre, à s’aider, car vieillir c’est vivre !

Il est important de repérer ce qu’il y a d’humain dans la personne et cela commence par appeler les gens par leur nom. Faites appel à la créativité, apprenez leur à faire quelque chose de nouveau, c’est dans la construction de ce que vous faites que vous vous construisez. C’est par le geste, l’utilisation de ses mains que l’on utilise son cerveau. Proposez des activités manuelles, même si cela leur fait peur au début, c’est normal, car tout ce qui est nouveau inquiète toujours les gens.

Parlez et écoutez ces personnes et même si vous n’avez pas compris, dites leur « je n’ai pas très bien compris, mais cela me paraît intéressant ! »

Le médecin peut repérer toutes sortes de pathologies, mais ces personnes ne sont pas que des malades alors, appréciez les changements qu’elles ont réalisés dans leur vie courante, par exemple changement de couleur de cheveux, et félicitez-les !

La créativité est très importante et il faut apprendre aux gens à s’aider. Et dans les centres où la maladie d’Alzheimer est très souvent présente, la rencontre est peut-être plus importante que l’activité elle-même. C’est un « projet d’être » pas un « projet de vie » que l’on propose à ces personnes.

« Un cerisier, même s’il est vieux, fait toujours des fleurs et des fruits ! »

 

Devant une assemblée toujours très attentive !

Georges Arbuz – Anthropologue, a entrepris de nous parler de la population vieillissante, et de la perspective de vivre maintenant jusqu’à 100 ans.

Quel futur attend cette population qui n’a jamais vécu aussi bien, quels sont les événements et les épreuves de ce temps de vie ? Comment y font-ils face ?

La douleur est actuellement sous contrôle, mais les personnes doivent vivre dans un cadre très différent de leur jeunesse avec la perspective de vivre jusqu’à 100 ans.

Les événements et les épreuves de ce temps de vie font qu’elles changent de place et de rôle : la retraite, extraction d’un milieu de travail, le départ des enfants qui crée un vide et le face à face avec l’autre pour les couples, puis du statut de parents elles passent au statut de grands-parents et peut-être même d’arrières-grands-parents, et enfin, faire l’expérience des pertes…

Comment font-ils face ? En France, nous sommes des « individus » centrés sur la personne alors que l’être est pluriel. Il y a un affaiblissement de l’image de soi. « A partir d’un certain âge il faut se rempoter ! » On bascule dans un temps où il faut faire quelque chose avant… Le temps n’a plus la même valeur à 80, 85 ou 90 ans.

Quel accompagnement leur proposer ? Ecartez les discours concernant leur incapacités, pour, au contraire, les aider à se recentrer sur leurs capacités, les aider à affronter les épreuves et à donner un sens à leur vie.

« Nous n’avons pas la prétention de dire aux autres ce que c’est de vivre, mais plutôt d’écouter les autres expliquer ce que c’est que de vivre ! »

 

Véronique Pons – Sophrologue responsable de la Commission « Seniors et Plus », nous a présenté le protocole de sophrologie établi en collaboration avec les 6 membres de la Commission. Dans ce protocole, l’accent est mis sur la pensée positive, la confiance en soi, la capacité à vivre le futur, les ressentis et la capacité à développer cette sensorialité.

Un objectif : bien vieillir.

Les 3 lois : le schéma corporel pour plus de réalité vécue, la loi de l’entraînement et la réalité objective.

Ce protocole, de 6 séances, est en cours de validation par le Comité Recherche. Vous pourrez le consulter en ligne sur notre site en utilisant votre mot de passe.

La petite phrase du jour : « Que la bougie soit grande ou petite, elle a toujours la même flamme ! »

 

Colette Coupery a 70 ans, et c’est avec toute sa bonne humeur, et son regard qui pétille, qu’elle est venue nous apporter le témoignage de son expérience enrichissante de la sophrologie.

Elle pratique depuis plusieurs années la sophrologie, au début en séances individuelles, puis en séance de groupe. Très dynamique, Colette Coupery donne des cours d’informatique et à été figurante dans les minimoys !!!

« A partir de 60 ans, ma vie a changé, maintenant dans ma tête, j’ai 20 ans », nous explique-t-elle dans un grand éclat de rire !

Une belle leçon de vie !

 

Renée Coatantiec, sophrologue, diplômée de soin en gérontologie, exerce depuis 12 ans en Ille et Vilaine et dans les Côtes d’Armor, en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes), associations et maisons de retraite, ainsi qu’à l’hôpital.

Elle témoigne de son expérience auprès du « très grand âge » qui, pour elle, est composé de personnes riches d’enseignements, donnant quelque chose à lire de caché au premier abord.

 

Dans l’EHPAD où elle travaille majoritairement, un établissement rebaptisé « Etablissement pour Hautes Personnalités A Dorloter » par la direction, elle est aussi responsable de la vie sociale.

Le projet s’articule autour de « l’instant, la spontanéité, reconstruire les certitudes ».

Elle construit les séances autour des valeurs de l’existence car les personnes qui arrivent à l’EHPAD quittent leur « maison à jamais et ne possèdent plus qu’une valise avec tous leurs souvenirs à l’intérieur ».

Elle invite tous les résidents à venir vivre la séance au préalable. Maintient un rythme, un cadre régulier pour rassurer les personnes (surtout dans les cas de démence).

Son but est « d’apporter une vraie présence, pour dévoiler les personnalités ».

« Passer de la dimension corporelle à la dimension existentielle, en faisant émerger les valeurs encore à vivre ».

Le corps est un médiateur, pratique du premier degré, réflexion d’équipe, « le pourquoi de la toilette, dans quel but se laver ? Il est souvent nécessaire d’avoir un projet derrière car la question qui revient souvent est : à quoi je sers ? »

Elle utilise aussi beaucoup la créativité pour « tisser les fils de la mémoire » comme par exemple, la création d’une poésie autour de la pomme, fruit chargé de souvenirs, après le travail sur les sens, en laissant venir les mots spontanément.

 

Christine Lebée, responsable du CLIC du 18ème arrondissement de Paris.

Présentation générale des CLICS :

C’est un dispositif mis en place vers 1997/98 sur le territoire national. Il y en a plus de 560 aujourd’hui à travers le pays. C’est un lieu d’information qui centralise les informations des retraités, gratuit, ouvert à tous, c’est un seul espace pour aider les retraités, leurs proches et les professionnels qui travaillent en lien avec eux.

Son rôle est aussi d’animer et coordonner les réseaux professionnels. Il apporte une réponse à une demande d’information sur un loisir, une aide social, un soin, un hébergement, etc.

Il propose un plan d’accompagnement personnalisé pour la personne et pour les professionnels, il accompagne dans des situations complexes à gérer comme les personnes qui refusent l’aide, les soins, avec troubles du comportement.

Il a aussi un rôle d’observatoire de la vieillesse, par sa connaissance du terrain, pour tous les problèmes liés à la dépendance et aussi faire remonter les difficultés ainsi que les abus de confiance.

Les professionnels du CLIC sont prioritairement des travailleurs sociaux et quelques infirmiers, psychologues, ergothérapeutes, gériatres.

Présentation du CLIC parisien :

15 CLICs qui sont baptisés points Paris Emeraude. Celui du 18ème arrondissement est rattaché à l’hôpital Bretonneau (qui fête son 10ème anniversaire).

Il est composé de 2 secrétaires d’accueil et 2 coordinatrices.

Bretonneau est un hôpital très ouvert sur la ville avec une allée centrale composée d’un salon de coiffure, d’un atelier peinture avec de l’art thérapie, également disponible pour les personnes en hôpital de jour, un café tenu par un CAT, une salle de spectacle.

Ces activités sont ouvertes à la totalité des personnes âgées de l’hôpital et de la ville.

Il organise aussi plusieurs ateliers par jour (Taï-Chi, yoga, gym douce… mais pas encore de sophrologie !)

Le CLIC fait le lien ici entre la ville et l’hôpital.

 

Bernard Leblanc-Halmos, créativité des mots, comment tisser des fils dorés entre les générations, avec le concept de « Jumel’âge ».

Importance du lien inter-générationnel, Junior/Senior, création de veillées musicales, poétiques, pour se mettre en valeur mutuellement. A vivre et expérimenter !

Tout sourire, il conclut cette journée dans la bonne humeur, en nous faisant chanter et sourire pour nous apprendre à tisser des fils d’or entre les âges.

 

 

En conclusion, cette première rencontre a été l’occasion de mettre la Sophrologie en perspective au sein du milieu médical et social, nous confortant dans une approche humaniste essentielle dans le travail avec les Seniors.

C’est une invitation à mettre entre parenthèses nos croyances et préjugés sur cette population aux profils très variés, afin d’aider ces personnes à mettre elles-mêmes de côté des représentations sociales souvent limitantes, enfermantes, autour de la retraire et de la « fin de vie ».

Au contraire, le sophrologue aide à développer un nouveau regard sur soi (en commençant par le corps et les sensations), sur la question de la place, des valeurs ; il aide à développer la créativité, la possibilité de réinventer chaque journée, même dans l’extrême simplicité.

Voici quelques messages qui ont conduit cette journée enrichissante.

Après enquête, les participants ont beaucoup apprécié ce colloque, le cadre et l’organisation, et nous nous en réjouissons. Pour ceux qui n’ont pu être présents nous mettons en ligne les deux premières interventions qui ont fait l’unanimité sur la qualité du propos, accessibles dans votre espace adhérent avec votre mot de passe.

Merci pour vos remarques et suggestions, nous nous en inspirons pour la préparation des journées à venir !

 

 

 

 

 

 

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